Le 26 juin 2025, le Réseau H2 Suisse romande s’est déplacé sur le terrain, au cœur des infrastructures de Gaznat. Cette session immersive, couplée à une visite exclusive des installations GreenGas, a permis de toucher du doigt le nerf de la guerre de la transition énergétique : le stockage saisonnier.
Si produire de l’énergie renouvelable est un défi, la stocker pour l’hiver en est un autre, bien plus complexe. La matinée a exploré comment la convergence des réseaux de gaz et d’électricité, via l’hydrogène et la méthanation, dessine l’avenir de la sécurité d’approvisionnement en Suisse.
Une immersion au cœur du réacteur : GreenGas et méthanation
Accueillis par Yann Benoit (Gaznat SA), les participants ont pu découvrir l’envers du décor lors de la visite des installations. Ce n’était pas seulement une visite technique, mais une démonstration de faisabilité industrielle.
- Benoit a détaillé le fonctionnement des technologies de méthanation et de valorisation énergétique des déchets (waste-to-energy). Il a illustré comment les infrastructures gazières existantes se transforment pour accueillir des gaz renouvelables. Le stockage souterrain de gaz a été présenté non plus comme une relique de l’ère fossile, mais comme un actif stratégique indispensable pour stocker massivement l’énergie sous forme moléculaire.
L’approche systémique : l’équation du stockage saisonnier
Pourquoi l’hydrogène est-il incontournable ? Francois Marechal de l’EPFL a apporté la réponse par l’analyse systémique. Son intervention a mis en lumière le défi du décalage temporel : nous produisons beaucoup de solaire en été, mais nous consommons massivement en hiver.
Il a démontré que seule la conversion de l’électricité excédentaire en gaz (hydrogène ou méthane de synthèse) permet un stockage inter-saisonnier à l’échelle requise pour le pays. L’hydrogène devient ainsi le « pont » indispensable entre les saisons, garantissant la stabilité du réseau électrique.
La vision de l’énergéticien : vers une économie de l’hydrogène
Du côté des marchés et de la production d’électricité, Ralph Dassonville (Alpiq) a complété le tableau. Il a abordé la transition vers une « économie hydrogène » sous l’angle de la résilience. Pour un grand énergéticien, intégrer l’hydrogène, c’est diversifier les risques et offrir de la flexibilité. Son intervention a permis de comprendre les modèles économiques émergents qui permettront de rentabiliser ces infrastructures de stockage et de conversion.
