La conférence Green Deal Solaire s’est déroulée dans l’incubateur Cleantech du Mousse Space, à Thônex. Plusieurs experts de l’énergie solaire y ont pris part: Tom Kunckler, responsable éco21 solaire à SIG, Deborah Learoyd, CEO de Freesuns, Pascal Uehlinger, maire de Thônex, Sébastien Fabre, co-directeur en charge de l’Energie et de la Mobilité à la Fondation Nomads, et Julien Destré, CEO de tera solar. La rencontre était animée par la journaliste Irma Danon. Les participants et le public ont été accueillis par Mathieu Amsler, cofondateur de Cleantech Construction Lab, dont la mission vise à réunir des entrepreneurs du milieu de la construction durable et des décideurs du secteur du bâtiment, dans le but de trouver des solutions innovantes et de réduire l’empreinte carbone des bâtiments. 

Cette conférence réunissait une palette d’intervenants actifs dans le domaine de l’énergie solaire pour qu’ils partagent leurs expériences et leurs connaissances et fassent le point sur le développement du solaire à Genève et en Suisse. Sébastien Fabre a exposé les objectifs du Green Deal solaire, lancé par la Fondation Nomads à l’initiative de son président Jean-Luc Favre. Ce programme doit aider à atteindre les objectifs du Plan directeur de l’énergie du Canton de Genève et à maximiser l’exploitation du potentiel solaire du canton en facilitant la mise en place de projets d’envergure. Car le canton dispose d’un large potentiel photovoltaïque, très peu exploité, qui mérite d’être développé. Le rôle de Nomads est de mettre en relation et d’accompagner les divers acteurs du solaire, qu’ils soient membres des autorités politiques, fournisseurs d’électricité, fabricants ou installateurs de matériel, dans le but de faciliter leur collaboration et la réalisation de leurs projets.  

Tom Kunckler a expliqué comment SIG, via son programme éco21 solaire, facilite le développement du marché photovoltaïque genevois. Les objectifs cantonaux visent à installer d’ici à 2030 de quoi produire 350 MWc (mégawatts-crête, soit la puissance maximale produite dans des conditions idéales). Actuellement, les capacités installées atteignent 100 MWc. Comme SIG donne la priorité à la réalisation des installations importantes, cela veut dire qu’à l’avenir, la croissance du photovoltaïque devra surtout se faire par la mise en place d’équipements de taille plus modeste. À noter que SIG accompagne non seulement les gros propriétaires, mais aussi ceux de maisons individuelles dans l’installation de panneaux solaires. 

Concernant le déploiement du photovoltaïque dans une commune, Pascal Uehlinger a donné les chiffres de Thônex. Cette commune a déjà atteint 38,9% des objectifs qu’elle s’est fixés à l’horizon 2030 en surface de panneaux installés, et 47,2% de ses objectifs en kWh produits. À noter que ce développement du solaire s’accompagne d’autres réalisations, notamment en matière de géothermie et de chauffage à distance, qui permettent par exemple d’alimenter le nouveau quartier de Belle Terre à 90% en énergies renouvelables. 

Julien Destré, dont l’entreprise est spécialisée dans l’étude et la réalisation de centrales solaires photovoltaïques, a montré que l’on peut désormais allier la performance de panneaux solaires et leur esthétique. Les installations actuelles prennent des couleurs et se fondent dans le décor, elles sont directement intégrées aux constructions, elles peuvent être posées à la verticale sur des façades ou des rambardes, ainsi que sur des avant-toits ou des pergolas. Deux décennies d’innovation permettent de proposer aux propriétaires un large choix. Il ne se limite plus aux traditionnels panneaux noirs posés sur les toitures. Désormais, les panneaux photovoltaïques sont déjà intégrés aux immeubles lors de la construction.   

Deborah Learoyd a montré les réalisations que propose son entreprise. Il s’agit de tuiles solaires ayant la couleur et la forme d’authentiques tuiles d’époque. Ce qui permet d’équiper des bâtisses anciennes dont la toiture doit respecter de strictes exigences en matière de protection du patrimoine et conserver un aspect traditionnel. L’objectif de sa société est de créer des panneaux photovoltaïques qui ne soient pas seulement une solution écologique durable et rentable en termes de production d’énergie, mais également élégante, parfaitement intégrée au paysage environnant et respectueuse du cadre historique d’un ensemble bâti.  

En conclusion, le photovoltaïque présente des avantages considérables: il est facile à installer, accessible à tous les propriétaires et offre un énorme potentiel de production d’énergie. Si l’on couvrait tous les toits de Suisse de panneaux solaires, on pourrait produire 110% de nos besoins. Or on constate que cette ressource naturelle et non polluante ne représente pas plus de 5% de notre production d’électricité. Les difficultés d’approvisionnement des panneaux au niveau mondial depuis quelques années en sont certes une des causes, mais il existe d’autres freins au développement du photovoltaïque en Suisse.  

Tout d’abord, le prix de rachat du kWh offert par les compagnies électriques aux particuliers propriétaires de leur installation. Celui-ci reste très peu intéressant, comparé au prix auquel il est vendu aux consommateurs. Conséquence: les propriétaires ne posent sur leurs maisons qu’un minimum de panneaux, juste de quoi répondre à leur consommation personnelle. Car le bénéfice qu’ils pourraient tirer d’un surplus de production ne les incite pas à investir dans une installation de plus grande taille. Les pouvoirs publics, souvent principaux actionnaires des entreprises de distribution d’énergie, pourraient donc changer la donne en incitant les distributeurs à augmenter leurs tarifs de rachat d’énergie aux particuliers. 

Autre frein: il est très difficile pour un privé de faire profiter ses voisins de l’énergie qu’il produit sur son toit, en raison du cadre légal très strict au niveau fédéral et des coûts élevés d’un raccordement entre des bâtiments voisins. 

Sébastien Fabre - Co-directeur nomads Clean tech construction lab x Nomads

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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